Dictée organisée par le Rotary Club La Baule Atlantique au profit de la section (SEES /IME) de l’association Jeunesse et Avenir de La Baule

Le Rotary Club  » La Baule Atlantique  » a organisé le Samedi 24 Novembre dernier une dictée au profit de la section (SEES /IME) de l’association Jeunesse et Avenir de La Baule, établissement qui accueille des enfants de 4 à 20 ans, déficients intellectuels ou autistes.45593377_1091656280994462_205740048853762048_n
Cette dictée a été animée par Bernard Bertho, auteur de « 100 ans d’aviation à La Baule Escoublac »

Ouest France BB le 6-11-2018

Texte de la dictée

Anniversaire

Ce dix-sept août mille neuf cent dix-huit les bruits du matin encore mêlés de nuit enveloppent Escoublac, dans l’aurore habituelle des musiques connues. Le cortège des délices accoutumées, peuple le silence. Dès potron-minet ce fut l’angélus qui envahit l’air de sa voix d’airain, puis le chant vernaculaire du coq, enfin la mélodie de l’enclume sous l’archet du marteau. A ce moment-là, ces tout premiers balbutiements casse-cou de l’aviation s’annoncent inoubliables, ineffaçables.

L’aérodrome du Bourget, quant à lui, s’emplit du vacarme des grands jours. Des ouvriers passèrent avec un bard d’où dégoulinent quelques gouttes des bidons d’huile. Le pilote Joseph Houssais reste plusieurs minutes à fourrager sa chevelure, à ba²yer aux corneilles. Tandis qu’une voix hystérique, venue de l’assistance entame un hymne louangeur, dans un paroxysme aigu.

Ce samedi l’aéropostale, avec cette première expérience sort de sa chrysalide pour prendre un essor inouï. Le pilote et son mécanicien américain récitent tout bas, les confiteor de leur enfance pour mettre les aléas imprévisibles de leur côté. Ils se sont fait répartir toutes les tôches aisées ou fatigantes.

Dans la tranquillité atmosphérique de la voûte immense, Joseph les yeux rivés derrière d’olympiennes lunettes, guide son appareil, escorté par des cohortes bigarrées d’onorés à huppe blanche, d’escouades hétéroclites de phalaropes à bec étroit ou, par métaphore d’harpailles énervées de mauvais garnements de pluviers.

A son arrivée dans le ciel d’Escoublac le Letord, sort de l’infini du ciel céruléen, d’un bleu intense pour atterrir sur le terrain d’aviation. Avec emphase et bouffissure les édites et les anonymes pérorent sur cet exploit. Ils deviennent des thuriféraires complaisants, des panégyristes doucereux, voire des laudateurs empressés.

De-ci de-là, chacun cabole, clabaude, conspire, s’exclame ! Au temps pour moi où j’étais au front conclut l’un d’eux je sombrais dans les abysses de la souffrance, en voyant tant d’avions disparaître. Ici même avec les éclats de balles dans la carlingue, le Letord réalise une performance et sait se fondre dans un mur de certitude empathiques. Les Gentilés émerveillés ne seraient pas là sans toi, le pilote, qui vins jusqu’au terrain d’atterrissage. Les dépêches étasuniennes que tu as apportées seront aimées. Cette arrivée-enthousiaste que tu as fait applaudir, restera dans nos regards.

Bernard BERTHO

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